Prose, bibliothèque, et rêveries…

Les livres et moi : toute une histoire…
Je ne sais pas pourquoi, mais en réfléchissant au livre qui déclenché cet appétit de lire, j’ai eu un flash. Je me souviens de ma rencontre avec celui par qui tout est arrivé. Cela n’avait pourtant pas commencé sous les meilleurs hospices. Caché derrière ses airs bourgeois, et ses habits luxueux, il m’inspirait plus de méfiance que de confiance. Peu à peu, j’ai appris à le connaître, à le découvrir. Peu à peu, les préjugés que j’avais sur lui sont tombés. Je n’ai plus fait attention aux bordures dorés qui ornaient sa cape. Seuls les mots qu’ils me contaient le soir, sous mes couvertures, avaient de l’importance et de la valeur. Finalement, sous ses beaux airs de livre intouchable par sa splendeur, les contes de Charles Perrault ont su conquérir mon coeur. Je me souviens avoir lu, relu, et décortiqué l’histoire de Peau d’âne. Elle m’émerveillait autant qu’elle m’attristait. Loin des reprises de Disney, ma seule référence à l’époque en matière de conte, je découvrais avec Charles Perrault la vraie magie d’un conte écrit dans un au autre siècle, en 1694…

Il est le seul beau livre qui ait eu de l’importance pour moi. Il m’a ouvert les yeux sur le monde imaginaire et féerique, non pas seulement des contes, mais de la littérature en général. Chaque histoire était un trésor, autant par sa lecture, que par la beauté des pages de cet énorme livre.

Depuis, et encore davantage ces derniers années, à chaque fois que l’on me vante les mérites d’un livre, je le vois comme une terre inconnue à conquérir. Parce qu’ils ont ce pouvoir sur moi : ils me séduisent par leur simple évocation. Les étoiles nées dans les yeux d’un lecteur qui parle d’un roman qu’il a adoré me suffisent pour sentir plusieurs des sept pêchés capitaux pointer en moi.
D’abord la jalousie entremêlée à l’envie. Je suis jalouse du plaisir qu’il a pu ressentir avant moi, en lisant la prose d’un auteur, et je suis envieuse de ce qui a pu se passer dans son esprit, et de la façon dont ce livre aura une incidence sur lui.
Ensuite, la gourmandise. Si je le vois, il devient obsession. Je vais vouloir le toucher, effleurer les pages, entrevoir des phrases, imaginer le stylo de l’auteur écrire une ou deux expressions qui donneront naissance à ce livre de plusieurs centaines de pages. Je vais imaginer tout le chemin parcouru par ces mots, depuis de pages noircies, à des nuits blanches passées derrière un écran, à la présentation à l’éditeur, … Je veux sentir le plaisir de l’écriture au travers d’un manuscrit tiré à plusieurs milliers d’exemplaires. Cela peut paraître bizarre de trouver de l’authenticité dans du simple papier qui en son état final est bien loin des réflexions initiales de l’auteur, et pourtant…

C’est comme çà que je me retrouve avec, notés un peu partout dans mes carnets, des noms de bouquins à acquérir. Tout ce faste et cette pulsion pour eux m’amènent à avoir des piles de livres à lire. C’est à ce moment que Satisfaction et Frustration font leur entrée dans mon esprit, le faisant entrer dans le statut « d’esprit torturé ». Bien heureuse de les avoir avec moi, prêts à être dévorés par une envie monstre, je me trouve confrontée à la frustration de ne pas avoir le temps de me plonger dedans. Coincée entre d’autres choses plus ou moins plaisantes, plus ou moins obligatoires, ils prennent la poussière sur le rebord de mes étagères. Ils s’entassent, se cachent.

Pour y remédier, je suis partie à la recherche du meuble qui sera le leur : une bibliothèque. Un meuble entièrement dédié au plaisir des mots, entièrement consacré à cette partie de moi. J’ai la sensation de rendre concret toute cette passion que j’ai, et qui est impalpable, insaisissable. Je suis tombée sur La Bibliothèque au hasard de mes pérégrinations, et l’évidence s’est imposée. Ce sera elle qui abritera au sein des ses planches et de ses tiroirs, tous ces livres qui m’ont fait avancer, mûrir. Il y aura les mots de grands auteurs, d’autres moins connus mais tout aussi émouvants, mes maux noircis sur les pages de dizaines de journaux d’adolescente, et quelques uns de mes mots. La littérature et l’écriture sont des univers de plus en plus débordants en moi, il leur fallait un meuble à la hauteur de ma passion… J’aurai ainsi la sensation de ne pas laisser tomber ces personnages qui attendent que je les anime en les lisant.

6 Comments on Prose, bibliothèque, et rêveries…

  1. Champagne
    30 novembre 2011 at 9:47 (3 années ago)

    quand j’étais petite, à la maison, nous lisions la Bible et ses merveilleuses histoires. Il y avait peu de livres à la maison car on n’avait pas trop les moyens d’en acheter et mon père pensait qu’il y avait plus de mauvais que de bons dans ces histoires.
    Mon premier roman lu a été  » La cicatrice » un truc complètement fou !!!
    Depuis je lis… je lis et j’aime ça !

  2. My Little Discoveries
    30 novembre 2011 at 10:15 (3 années ago)

    Héhé, bien vu les péchés capitaux! ;o)

  3. Gaëlle
    30 novembre 2011 at 19:09 (3 années ago)

    Rien de tel qu’une vraie bibliothèque pour ses livres en effet : ) J’en ai une en 3 blocs dans mon salon, c’est déjà pas mal, mais plus tard je rêverais d’avoir toute une pièce dédiée aux livres avec de grandes étagères qui vont jusqu’au plafond, un bureau au milieu de la pièce et un fauteuil ou un divan confortable pour s’installer pour y lire tranquillement ;) (soupir)

    • FleurDeMenthe
      30 novembre 2011 at 20:53 (3 années ago)

      @Gaëlle : Oooooooo! Tu m’as volé mon rêve ! ;-)

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  1. [...] Comment expliquer mon amour des livres, je laisse faire Fleur de menthe dans Prose, bibliothèque et rêverie. [...]

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