Le chemin oublié

dandelion

Venir te voir. Au sommet de la colline. Là où le vent souffle toujours un peu plus fort et où les cailloux crissent sous le poids de nos bottes.

Les hauts sapins y sont plantés tels les gardiens d’un lieu secret. Les non-initiés manquent l’entrée du petit chemin qui mène chez toi. J’ai été tentée de croire que je pouvais faire comme eux.
Je me suis imaginé qu’il suffisait de l’oublier. A chacun de mes passages dans le bas de la colline, je choisissais de t’ignorer, je fermais les yeux, juste une seconde pour éviter l’appel des cimes, avant d’appuyer sur l’accélérateur et reprendre la route en te tournant le dos. Une seconde et puis s’en va. Filer, loin.
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Respire, Anne-Sophie Brasme

respire brasme editions le livre de poche

Lu en une journée, j’ai été aspirée par l’histoire de Charlène et Sarah, brossée par la plume délicate d’Anne Sophie Brasme. Je ne connaissais pas cet auteur. Il a fallu que Mélanie Laurent en fasse une adaptation libre au cinéma pour que je la découvre. Ma moitié ayant déjà subi son premier film au cinéma, Les Adoptés, je ne pouvais pas l’emmener à nouveau dans l’univers feutré de la réalisatrice. En fait, je me suis juste vue opposer un non catégorique. Et c’était plutôt une bonne chose puisque cela m’a menée jusqu’à la pile pratiquement épuisée de ce roman.
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Louise de Julie Gouazé

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Premier roman, première édition nationale. Je ne peux qu’imaginer l’émotion et la tension qui animent encore très certainement Julie Gouazé aujourd’hui.
Je ne crois pas avoir beaucoup lu de premiers romans. Peut-être parce qu’ils sont bien moins mis en avant que les romans des écrivains reconnus par la presse et que je cède un peu trop facilement aux belles couvertures mises en avant sur les bancs de la librairie.
Pourtant, je vois que je passe certainement à côté de jolies découvertes et de belles surprises. Ce roman de Julie Gouazé est une pépite, et l’écrivain douée d’un grand talent.
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Automne au balcon

automne

Je reste là, contemplatrice de l’instant, absorbée dans un ailleurs.  Mes respirations se font plus lentes, plus profondes, plus concentrées. Une inspiration pour une expiration, une seconde après l’autre. Un chant de tic-tac assourdissant. En moi, l’espoir fou de pouvoir retenir le matin entre mes mains, juste un peu. Arrêter sa fuite incessante entre mes doigts. Le temps continue pourtant sa course, s’égrainant majestueusement, dans un rythme fou.  (suite…)

Encore un matin

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Un nouveau matin où le réveil sonne à 6h00, alors que ses yeux sont ouverts depuis plus d’une heure. Lui dort à ses côtés, ronflant légèrement. Il ne se réveillera pas avant deux heures au moins. Elle allume son téléphone. La lumière est à son maximum et l’éblouit. Aujourd’hui, c’est Jeudi. Déjà une semaine qu’elle attend ce jour. Déjà une semaine que s’oppose en elle le oui et le non, le peut-être et le sûrement pas, l’espoir et le raisonnable, la folie et le tangible. Alors elle ne va pas patienter plus longtemps. Elle se lève, fait quelques pas. Quelques minutes passent et ça lui suffit, elle sait. (suite…)

Célébrons le beaujolais nouveau

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Tous les ans, le troisième jeudi de novembre, les amateurs de vin fêtent le Beaujolais nouveau. Cette tradition date du XIXème siècle. A l’époque, les vignerons du Beaujolais, ont mis en vente leur vin tôt après la récolte. Une date est choisie pour célébrer l’arrivée du nouveau, une première fois, en 1967 : le 15 novembre. Puis, pour des raisons pratiques, la date du troisième jeudi du mois de novembre est finalement sélectionnée, en 1985. (suite…)

Peine perdue d’Olivier Adam

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Ce jour-là, une fois passée la porte de la librairie, je me suis retrouvée nez-à-nez avec la couverture bleue du dernier roman d’Olivier Adam. Depuis Les Lisières publié en 2012 chez Flammarion, j’attendais son nouveau roman avec impatience. J’avais été très secouée par la lecture des Lisières. Lu très certainement au mauvais moment avec un grand manque de recul, ce livre avait fait naître en moi une certaine amertume envers l’auteur. En tant que fidèle lectrice et fervente admiratrice de sa plume, j’étais plutôt mal à l’aise avec l’éloge de ce roman dans la presse, et la mise en lumière de l’auteur qui se faisait sur une de mes déceptions littéraires.
Alors, quand Peine perdue s’est jeté sur moi dans les rayonnages de la librairie, mon cœur s’est soulevé et je n’ai pas pu décoller un sourire de mes lèvres. (suite…)

Un été d’octobre

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Dimanche matin. Le soleil perce les volets en métal, et vient chatouiller le bord du lit. Une jambe sous la couette, une jambe dehors. Il tend le bras pour attraper son téléphone, posé sur un coussin à même le sol. 9h00, à peine. Il tourne la tête, et la voit. Laure est de dos. Ses cheveux sont en bataille sur l’oreiller. L’écran de sa liseuse est allumé, mais elle ne bouge pas, tout juste un pouce pour changer de page. C’est elle qui l’a réveillé, il en est certain. Il la connaît par cœur. Il lui a fallu attraper sa tablette, et se mettre dans une position adaptée. Elle a certainement dû se lever avec toute la grâce du monde, boire un verre d’eau et faire ce que toutes les femmes font au réveil, avant de revenir se poser dans le lit avec cette délicatesse qui lui fait tant défaut.
« – Tu peux pas t’empêcher de te réveiller tôt, en fait…

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Le jour où je suis tombée amoureuse de la moto

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Ça s’est passé un jour de mai. Je suis tombée amoureuse de la moto comme on tombe amoureuse de son voisin de palier. On le croise tous les jours dans l’ascenseur, on échange des banalités et sitôt la porte de l’immeuble passée, on l’oublie. Jusqu’au jour où… jusqu’au jour où son regard croise le nôtre. Jusqu’au jour où on découvre que ce voisin est plus qu’une ombre croisée certains matins. Jusqu’au jour où… (suite…)

Ces jours-là…

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Il arrive des jours où rien ne rentre, et rien ne sort. Il arrive des jours traversés comme on traverse un rêve. On ne distingue plus le réel de l’imaginaire. On ne sait plus qui sont ces autres qui vivent à nos côtés, du lever du soleil jusqu’au crépuscule. Un pied dehors et c’est la folie qui reprend. Un pied au bureau et c’est la folie qui l’emporte. Des jours traversés avec la vue limitée, le pare-brise barbouillé des aléas de chacun. Les effluves encrassés sont brassées encore et encore pour convaincre et saisir les esprits réfractaires, naïfs peut-être, plein d’espérance, sûrement. Ils parlent, ils échangent, ils s’affrontent dans des duels, et nous les regardons comme on regarde un tableau abstrait. On ne comprend plus. On ne sait plus. Il arrive des jours sans. (suite…)

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